mardi 23 juin 2009

La Vigne


La vigne vit. C’est l’une des plantes les plus diversifiées qui soient, et certainement celle qui a fait le plus rêver les hommes depuis l’Antiquité, tous peuples confondus. C’est le “nerf” de la terre, le végétal qui s’accorde le mieux à l’homme en créant grâce à lui un aliment exceptionnel, le vin. La vigne a besoin d’équilibre et d’être en bonne santé, et prospère entre les 28e et 50e degrés de latitude, sous un climat tempéré de préférence (un cep gèle à -15° C), dans les deux hémisphères. Son lieu de prédilection est toujours le coteau, qui permet toutes les nuances de l’ensoleillement: il suffit de se promener en Bourgogne ou à Saint-Émilion pour comprendre l’influence de l’exposition des vignes, et la différence qualitative entre les vignobles de côtes (ou mi-côtes) et ceux de la plaine. Sa hauteur ou sa taille font la différence entre les grands vins et les autres. La vigne (voir aussi chapitre Les sols) a besoin de souffrir pour s’exprimer pleinement, même si elle s’habitue à la plupart des terrains, sur la plupart des continents. On la trouve en bordure de mer (France, Italie, Afrique du Sud, Californie, Grèce, Afrique du Nord, Australie, Chili…), comme en régions continentales (France, Espagne, Bulgarie, Hongrie, Suisse, Allemagne, Autriche, Chine, Russie…), où ce sont surtout les fleuves, les lacs et les rivières qui jouent un rôle prépondérant. Elle a aussi besoin d’une humidité régulière, mais pas de beaucoup d’eau. C’est la raison pour laquelle elle va puiser son eau au plus profond, et que certains pays s’emploient à utiliser l’irrigation. Pourtant, trop d’eau, dans des terrains trop riches, ne donneront que des bons raisins, pas mieux. C’est l’un des problèmes de la Californie. On sait que la vigne appartient au genre Vitis, et que c’est la famille de Vitis vinifera qui produit les meilleurs vins. Bien entendu, chaque cépage doit être adapté à un sol et à un microclimat particulier (voir chapitre Les Cépages), en tenant compte aussi bien de sa précocité que du style de vins que l’on veut faire. Dans les faits, il faut donc s’occuper de la vigne, qui a besoin d’être parfaitement tenue pour produire un raisin de qualité. Son palissage, son espacement entre les rangs, son nombre de pieds à l’hectare (qui peut aller de 2 000 à 10 000 pieds/ha !) sa taille courte ou haute, son effeuillage, son éclaircissage, les labours pour aérer la terre et favoriser les rétentions d’eau, la fumure, les protections contre le gel et la grêle, les traitements contre ses parasites… tout concourt à la chouchouter et à maîtriser les rendements si l’on veut faire du bon vin.

dimanche 7 juin 2009

L'élaboration des vins rosés

Si l’on trouve encore (hélas !) des vins rosés fabriqués en mélangeant du rouge et du blanc, un vrai rosé est tout simplement un vin rouge auquel on n’a pas laissé le temps de prendre sa couleur.

Les rosés de pressurage
Ils sont issus d’une vinification en blanc de raisins noirs, foulés, égouttés et pressurés. Le pressurage est incorporé au vin de goutte pour lui donner de la couleur. Leur élaboration s’apparente plus à celle des vins blancs.

Les rosés de saignée
Les meilleurs, à mon sens, en tout cas ceux qui ont le plus de saveur et de finesse. Ce sont des vins issus d’une séparation du moût d’une vendange de vin rouge, égrappée (ou non) et foulée, après seulement quelques heures de macération. La cuve est alors “saignée”, c’est-à-dire qu’on en écoule une partie, le reste poursuivant sa vinification en rouge. Le jus écoulé poursuivra sa fermentation hors du contact des peaux, pour ne pas prendre de couleur, et fera sa fermentation malolactique.

dimanche 12 avril 2009

Décantation

Trop souvent utilisé à tort et à travers, le décantage consiste à transvaser le vin de sa bouteille en carafe, afin de le séparer de ses dépôts de tanin et de l’aérer। Il n’est réellement nécessaire que pour les vins qui présentent un défaut ou pour les très vieux millésimes (vingt ans et plus), voire pour aérer les vins très jeunes, et il doit se faire quelques heures avant de le déguster.


Voir les articles de Patrick Dussert-Gerber dans l'Encyclopédie Larousse


La Cantinière


mercredi 25 mars 2009

Encyclopédie Larousse : La craie

La craie est une roche alcaline poreuse qui favorise la production de raisin au taux d’acidité particulièrement élevé, et convient donc tout naturellement pour les cépages blancs। On en trouve en France (les meilleurs sols de Champagne, notamment, particulièrement adaptée au cépage Chardonnay) et au sud de l’Espagne (Moscatel).

Voir les articles de Patrick Dussert-Gerber dans l'Encyclopédie Larousse

mercredi 4 février 2009

Encyclopédie Larousse - Méthode champenoise

La méthode de la prise de mousse est rattachée généralement au nom de dom Pérignon, génie gustatif du XVIIIe siècle, qui réalisa les premiers vins “tumultueux”, emprisonnés dans les bouteilles épaisses, aptes à résister à des pressions de quelque 6 kg. Que ce soit lui qui l’ait inventé ou non, elle consiste à additionner au vin tranquille obtenu après de subtils coupages et assemblages une liqueur de tirage dont la dose de sucre est défine selon le type de produit que l’on désire, et d’un levain de levures sélectionnées. Le vin est immédiatement embouteillé et mis en cave à une température de 10 à 12°...

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mercredi 21 janvier 2009

Le Calvados

Aussi étonnant que cela puisse paraître, le Calvados, ce pur normand, porte un nom espagnol. En effet, à la suite du naufrage sur la côte normande en 1583 d’un navire de l’Invincible Armada, El Calvador, le lieu-dit fut appelé Calvados. Un nom qui s’étendit au département, baptisé ainsi par la Constituante. L’eau-de-vie de cidre ne prit ce nom qu’au début du XIXe siècle.

Je vous rappelle que les Gaulois des régions de l’Ouest faisaient déjà fermenter les pommes sauvages et en tiraient une boisson qu’ils distillaient tout à fait sommairement. L’appellation du calvados en tant que tel n’apparaît qu’au milieu du XVIe siècle avec Gilles Gouverville, considéré comme l’un des premiers agronomes.

Le verger total comprend environ 15 000 000 arbres d’une rentabilité moyenne de 15 ans. La récolte des pommes s’effectue sur trois mois, et le cidre doit présenter un certain nombre de qualités indispensables à la distillation. Il doit titrer au moins 40°, avec une acidité volatile inférieure à 2,5° pour 1 000, n’avoir fait l’objet d’aucun sucrage et présenter le caractère d’une boisson propre à la consommation de bouche.

Le chapitre des appellations et qualités suscite toujours un certain nombre de controverses. Il reste cependant indispensable pour le choix et la satisfaction du consommateur. En ce qui concerne la réglementation, la Loi de janvier 1941 définit géographiquement les appellations et différents procédés d’élaboration qui s’y rattachent.

La première appellation est l’appellation Pays d’Auge contrôlée. Elle correspond strictement à la région du pays d’Auge. La récolte des pommes doit donc s’y effectuer en totalité. De plus, l’élaboration du Calvados doit impérativement passer par une distillation à double repasse. C’est-à-dire une première chauffe du cidre d’ou l’on extrait la petite eau, alcool léger titrant 25°, puis la repasse, deuxième chauffe, c’est-à-dire la distillation de la petite eau.

La deuxième appellation est l’appellation Calvados réglementée et s’applique à dix terroirs également délimités। Ainsi le Calvados du Cotentin, du Mortainais, du Calvados, de l’Avranchin, du Donfrontais de la vallée de l’Orne, du pays de Merlerant, du Pays de Risle, du Perche, du Pays de Bray. Je pense qu’il reste très difficile d’établir une hiérarchie au sein de ces dix appellations réglementées. Elles n’ont pas souvent la qualité de l’appellation Pays d’Auge contrôlée (le prix est également en rapport).

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mardi 25 novembre 2008

Vinho Verde

"Le Portugal produit, dans la région comprise entre le Minho et le Douro, au nord du pays, les Vinhos Verdes (vins verts). Des vins en réalité extrêmement typés, et je ne vois pas avec quels autres types de vins on pourrait les comparer réellement (et sérieusement). On ne connaît pas la raison pour laquelle ce nom leur est donné depuis des siècles. Certains disent que ce nom est lié au cadre géographique dans lequel il est produit, car le paysage de cette région est toujours verdoyant et frais, avec un climat pluvieux en hiver, et des températures assez douces en été. Son relief est assez accidenté, avec un sol presque totalement granitique. D’autres disent (peut-être avec plus de raison) que ce nom provient simplement de sa fraîcheur. Le Vinho Verde est donc un vin jeune, à boire jeune.

Il s’agit de vins de table, rouges ou blancs, connus depuis l’époque romaine, pauvres en alcool (entre 8 et 11°), mais riches d’acidité fixe. Ils ne se conservent guère et doivent être consommés frais. Une chose est sûre : la raison de cette appellation n’est pas uniquement due à l’insuffisance de maturation du raisin."

Voir : Encyclopédie Larousse - Vinho Verde